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Interview Bgirl SARAH BEE

Interview Bgirl SARAH BEE

Commençons par l’interview vidéo

1. Commençons par l’interview vidéo

Ok donc, moi c’est Sarah Bee de Chenôve, je représente Zamounda Crew et ça fait 18, 19 ans que je danse.

… toujours que c’est très feeling, c’est-à-dire que j’écoute mon corps. En  fait, je suis arrivée à un stade où voilà je n’ai plus 15 ans. Un jour, je suis fatiguée, donc je travaille pour ne pas me blesser tout simplement, je travaille à la recherche tranquillement sans trop forcer, sans que ça soittrop physique. Il y a des fois j’ai la patate, j’ai la pêche, et là… c’est là où je vais forcer, je vais travailler plus les powermoves, les choses qui sont un peu plus techniques et physiques en fait.

2. Encadrée hier ? Encadrée aujourd’hui ?

Ah oui, j’ai commencé la danse à 11, 12 ans, puis j’ai commencé la danse avec figure de style, donc du coup j’ai eu cette chance là d’être entourée de B Boy… on se considérait énormément comme une famille en fait… à mes débuts, et puis j’étais trop empattée, on me disait quoi faire parce que je ne connaissais rien en fait, on me dirigeait énormément sur les choses que je devais travailler, tout ça. Et j’avais cette chance là aussi de partager ça avec des amis proches, Julien, Tony, Manuela, Manuela alors avec qui je partage énormément, elle fait partie de ma vie, c’est une amie proche, c’est comme une sœur. Et à l’heure d’aujourd’hui, c’est totalement différent parce que j’ai fait mon propre chemin, je fais les choses que j’ai envie de faire, moi, puisque moi mon feeling et ce que j’ai envie de faire et le chemin que j’ai envie de prendre, c’est vraiment mes envies à moi, parce que je sais maintenant ce que c’est la danse hip hop, j’ai mes « bases » qui me permettent de faire ce que je fais à l’heure d’aujourd’hui. Et voilà, je cible vraiment là où je veux aller.

3. Te prépares-tu physiquement ?

Je fais énormément de sport, mais après c’est plus un amour avant même la danse en fait, c’est-à-dire que j’ai toujours aimé depuis toute petite me surpasser, me faire mal…  dur en fait. Et c’est pour ça que j’ai accroché avec le break, parce que c’est physique, c’est dur, c’est… mais  tu peux mettre un an à avoir un mouvement, donc c’est un vrai travail physique et psychologique aussi. Moi, je fais du sport en dehors de la danse mais c’est aussi par amour, pas pour genre « waouh ça va m’aider à faire un thomas » ou… c’est vraiment par amour parce que j’aime ça et je pense même que si un jour je suis amenée à arrêter la danse, je continuerais le sport.

L’étirement, si je ne m’étire pas, je suis foutue, donc je suis obligée de m’étirer. Après j’aime beaucoup l’étirement parce que c’est un moment d’apaisement, c’est mon moment en fait. Je me retrouve moi-même et il n’y a que moi toute seule et ma respiration et mon corps, donc c’est mon moment de plaisir en fait l’étirement. Pour moi, il est obligatoire parce que sans ça en fait… c’est comme ça que les blessures elles arrivent et ça fait partie de l’hygiène de vie, c’est quelque chose qu’on doit faire depuis tout petit en fait et qu’on doit s’inculquer dès le jeune âge.

4. As-tu un préparateur physique ?

J’ai pris énormément de cours de Yoga quand j’étais sur Paris, du coup ce qui m’a permis d’avoir des bases et ce qu’ils appellent le flow en fait tout simplement. Je fais les choses pareil, c’est-à-dire qu’aujourd’hui si j’ai envie de forcer, je vais forcer et là je vais souffrir. Mais sinon je peux rester allongée pendant 10 minutes, 15 minutes, et rien que ça, pour moi c’est déjà un apaisement de ouf, enfin c’est vraiment un feeling en fait, l’étirement, c’est… je peux passer deux heures à m’étirer comme je peux passer une demi-heure. Après, mon kif perso, il était le soir ; maintenant, je l’ai changé, je le fais le matin. Ce kif-là, je sentaisqu’il était de plus en plus long, je faisdes fois deux, trois heures et du coup je me couche à 3h du matin juste pour m’étirer. Et du coup je sentais que je n’ai plus l’âge pour ça… changer de rythmes en fait, essayer de me coucher plus tôt et me lever plus tôt pour pouvoir faire ça tranquillement le matin en fait.

5. Et ton alimentation ?

Oui, je fais très attention à ce que je mange. Pareil, je ne suis pas trop difficile avec moi-même non plus, je ne me prive pas en fait, quand j’ai envie de manger, je mange. Je mange très peu de viande rouge par exemple, ben très peu de viande tout court même. J’aime beaucoup cuisiner, c’est-à-dire que quand je voyage et qu’il y a une cuisine, je préfère me faire à manger qu’aller manger dehors, me privilégier des restaurants où je sais que ce n’est pas des chaînes et que ce n’est pas du surgelé. Mais après, non, moi, l’alimentation elle est très importante pour moi. Donc, quand je suis à Dijon, je fais mes courses en magasins bio.

6. Quelle préparation avant un battle ?

Moi, je ne force pas trop en fait, genre par exemple la semaine de là où je dois faire un battle, ben je ne fais rien, je suis en mode peace en fait dans ma tête, je relâche, j’essaie d’être le plus apaisée possible, parce que je sais que je suis à bout de nerfs et du coup ça me demande énormément d’énergie de gérer ça en fait. Du coup si la semaine je suis trop active, du coup le jour du batte je suis trop fatiguée en fait pour me gérer moi-même. La semaine du battle, généralement, je suis en mode cool en fait… l’entraînement, mais tu ne me verras jamais me buter genre « waouh c’est la dernière ligne droite », non pas du tout, c’est tout l’inverse, je préfère être en mode chill, cool, et puis je sais que… pour moi il faut avoir confiance en soi en fait, ce n’est pas la dernière semaine que tu vas devenir un super-héros, donc autant travailler plus son mental que le physique. Un mois avant la compétition, c’est là où je commence à prendre des aliments qui vont me donner de l’énergie. Par exemple, je vais me lever tôt le matin, je vais me faire une boisson qui va me permettre de nettoyer mon corps, de… ça par contre, je vais le faire un mois à l’avance, je ne vais pas le faire la semaine d’avant par exemple, parce que c’est limite déjà trop tard en fait d’intégrer ça dans sa tête et dans son corps en fait. Il faut prendre le temps de le faire, comme ça ton corps il a le temps d’assimilerles informations et puis de se nettoyer et puis… Si comme si tu remettais à zéro, comme ça tu es en forme.

7. Préparation physique & breakdance, indispensable ?

e pense qu’à l’heure d’aujourd’hui, nous on a  du recule avec ça. Nous, en tant qu’adultes, c’est à nous de donner ça aux jeunes en fait à la nouvelle génération, parce que nous c’est vrai qu’on a commencé, il faut dire ce qui est… enfin nous on ne mangeait pas spécialement bien, on dormait à des heures pas possibles pour s’entraîner toute la journée, on ne s’étirait pas, on ne buvait pas assez d’eau. Tout ça, c’est des choses qu’on a vécues et je pense que nous en tant qu’adultes, on doit vraiment en fait partager ça et tout simplement éduquer les jeunes à le faire en fait, on est autodidacte en fait les danseurs hip hop, il n’y a pas quelqu’un qui va venir nous soigner ou nous dire comment manger ou nous dire comment faire ci, ça ça pourrait aller bien, et comment être… pour être le mieux dans son corps en fait, pour aussi durer dans le temps en fait. Et je pense que c’est quelque chose qui est inévitable en tant que danseur, artiste et sportif en fait. Il faut dire queles sportifs de haut niveau, ils sont tous suivis, ils font tous attention à ce qu’ils mangent, ils font tous attention à comment ils dorment, à comment ils s’entraînent, le temps de pause, tout ça il est super important. C’est important en fait de s’écouter, de bien manger et voilà de faire attention à son propre corps, parce qu’on a tous des corps différents. C’est aussi un travail sur soi-même d’apprendre à se connaître.

8. Un conseil pour la communauté ?

On a déjà assez de haines dans notre monde, donc essayons vraiment de partager l’amour et de la paix en fait  [00:06:13] une communauté qui est super… [00:06:16] on fait en fait. Les énergies négatives, ben on n’en a pas besoin. Ce n’est que la danse. Au-delà de la danse, on a des humains en face de nous et ça il ne faut pas l’oublier. Un jour ou l’autre, on va tous arrêter et après il va nous rester quoi ?

Interview Bboy WARREOR

Interview Bboy WARREOR

Commençons par la vidéo de l’interview !

Retranscription de l’interview

1. Qui es-tu ?

Bboy Warrior, Sartrouville 78, près de Paris pour ceux qui ne connaissent pas, pas de groupepour le moment, danse depuis 2003, je n’ai pas fait le calcul… 2018.

Je m’entraîne quatre fois dans la semaine, plus j’essaie de faire deux battles les weekends où je ne travaille pas, je travaille un weekend sur quatre. Le lundi, ça va être plutôt retour battle, donc je faisdécrassage, je veux essayer de m’amuser et faire des petits passages pas trop codésmais décrassage avec un peu de séries de thomas ou séries de powermoves à la fin, en deux heures. Le mardi, je vais plus faire un peu de recherches, je suis tout seul en général des fois dans la salle.  Le mercredi, ça va être un peu plus bombardage en physique, powermoves… voilà. Le jeudi, dernier  entraînement avant les battles, je laisse une journée de repos le vendredi avant le battle du samedi. Et le jeudi, ça va être vraiment passage, donc soit one/one dans la salle, j’aime bien quand quelqu’un… s’il y a quelqu’un qui me motive, ou alors ben si je suis tout seul… faire tout seul hein.

2. Encadré hier ? Encadré aujourd’hui ?

Alors, quand moi je commençais à Valence, je n’étais pas trop encadré, on était un groupe de potes du même niveau et du même âge, donc on essayait de s’encadrer entre nous. On dit, « mec, on se donne des conseils avec… tu es plus fort en… un truc, tu es plus en autre chose ». Et puis petit à petit, à force de bouger, je me… c’est plusieurs personnes on va dire qui m’ont donné les mentalités, plus la mentalité. Après au niveau des moves, moi je n’ai pas de suivi… je n’avais pas de suivi.

3. Te prépares-tu physiquement ?

Oui, physiquement, je me prépare parce que moi je faisune préparation dans le sens où déjà le vendredi je ne m’entraîne pas la veille du battle pour être frais physiquement, donc ça c’est dans ce sens-là si j’ai une préparation de mettre une journée de repos avant l’échéance. Je fais une récup le lundi, donc décrassage un petit peu, donc c’est aussi dans le sens-là que c’est une préparation même si ce n’est pas une préparation pure de ce côté. Et puis après, bien sûr, je fais… à chaque fin d’entraînement, j’essaie de faire une série de Thomas ou deuxle plus long possible pour garder les moves physiques quand je suis échauffé. Après, j’essaie d’aller courir sur ma journée de repos ou des fois le midi, le midi, soit une journée où je vais faire de la recherche le soir, donc j’essaie d’aller courir une heure, 10 km, un bon rythme, des fois deux fois pour sécher.

4. As-tu un préparateur physique ?

Non, non, non, non, donc… après voilà quoi, j’essaie de prendre les méthodes à gauche à droite, abdominaux en une minute, j’essaie de faire rota. Pour sécher, j’ai remarqué que le 10 km sans trop me flinguer les jambes ou prendre des cuisses ou quoi, [00:02:23] cuisses, je ne parspas trop en souplesse mais ça me fait bien sécher, donc tranquille. J’ai adapté à mon corps.

5. Et ton alimentation ?

Moi, au début, je m’en fichais, je buvais un peu plus de bières ou quoi, j’ai vraiment réduit l’alcool, j’ai vraiment réduit, c’est une bière par mois ou même pas. Après au niveau de l’alimentation, j’essaie de faire… le soir, je mange beaucoup de salades. Les pâtes, j’évite le soir sauf [00:02:47] les samedis, vendredis soirs, ben je fais les pâtes pour ne pas trop être en galère… Et après en battle, ben franchement j’avoue, la veille du battle, quand j’arrive sur une ville, c’est McDo… voilà.

6. Quelle préparation avant un battle ?

Si c’est un one/one, ça dépend si c’est un one/one ou un truc en groupe, parce qu’en gros ça va être la même chose que ce que j’ai dit en préparation, une semaine typesauf qu’au moment où je fais les passages, où je me dis, « vas-y, je vais accorder ça avec ça » ; si c’est un truc en groupe, j’essaie de condenser mes passages, penser aux meilleurs trucs et puis les retravailler vraiment, ce que je rate le plus et les prises de risque, les nouveaux trucs pour monter mon niveau, les choses que j’ai déjà travaillé, je les travaille moins. Et après… voilà, vraiment le vendredi soir, je ne m’entraîne pas, des fois même le jeudi, si vraiment c’est un gros battle et si j’ai vraiment… la semaine d’avant on fait deux battles, samedi et dimanche, loin avec la voiture. Avant un gros battle, ça va être moins de recherches avec plus de la préparation en un contre un tous les jours…

7. Préparation physique & breakdance, indispensable ?

A la fin de chaque entraînement, je m’étire, j’essaie au moins pour les courbatures, parce que sinon le lendemain tu ne peux pas… tu ne peux plus t’entraîner comme ça aussi frais au moins pour pouvoir faire un entraînement le lendemain qui soit correct, je m’étire pour les courbatures. Après, au niveau de souplesse, quand j’ai commencé la danse plus jeune, 20-18 ans, je m’étirais beaucoup pour prendre en souplesse. Maintenant, je ne m’étire plus pour prendre en souplesse, je m’étire pour ne pas perdre la souplesse ou pour la garder, mais c’est clair que plus tu es souple, plus tu peux pousser ton corps dans des angles ou dans des directions qui vont te permettre de développer des moves originaux. [00:04:13] Si tu veux faire des choses différentes des autres, il faut vraiment un corpsdifférent des autres en termes de moves, voilà même s’il y a des idées qui peuvent se rajouter. Mais si tu as une idée que ton corps ne peut pas faire, ça ne sert à rien. Prépa physique, ça peut servir… ça peut servir mais il ne faut pas se dire… j’en vois qu’ils font que des workouts souvent sur Instagram, on voit plus de workout que d’entraînement, il faut se dire que c’est complément, c’est-à-dire qu’à la limite je préfèreun… moi [00:04:37] ma salle ou même pour moi, je préfère  un mec qui fait des séries de thomas à la fin de l‘entraînement que des séries de pompes. Et pour s’entraîner au thomas, il ne faut pas faire des pompes et des abdos, il faut faire des thomas. Moi, c’est ce que j’ai remarqué sur moi. Au début, je croyais qu’il fallait… je n’étais pas assez musclé, mais il y en a plein qui sont fins et qui font des thomas, ça n’a rien avoir…

7. Un conseil pour la communauté ?

… de voyager, de garder les… de ne pas danser pour l’argent, l’argent ça pourrit tout. Moi, ce que je conseille, c’est de danser pour l’honneur et puis pour être le meilleur, mais c’est-à dire si tu veux de l’argent, il faudra faire du foot quoi ou autre chose, je ne sais pas, ou va travailler tout simplement, voilà.